Mouton (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XII e siècle. Probablement issu du gaulois *multo , de même sens.

I. Mammifère ruminant domestique de la sous-famille des Ovinés, à la toison épaisse et frisée, le plus souvent blanche. Le mot Mouton peut désigner de façon restrictive le mâle châtré, ou être pris comme terme générique et désigner indifféremment le mâle (bélier), la femelle (brebis), le petit (agneau, agnelle). Élevage, troupeau de s. La transhumance des s. Le bêle. Mouton berrichon, mérinos. Garder les s. Tondre des s. Laine, peau, viande, graisse de . Par méton. . Viande de cet animal. Mouton de pré-salé. Un haricot (ou haligot ) de , voir .


Peau de cet animal traitée selon divers procédés (en reliure, en maroquinerie, en sellerie, on parle aussi de Basane ). Une reliure en . Veste en retourné. Loc. et expr. Frisé comme un . Doux comme un . Fig. C'est un , une personne qui a trop de docilité, qui suit l'opinion dominante. Mouton de Panurge (par allusion au tour que Panurge joue au marchand de s Dindenault dans le Quart Livre de Rabelais), personne qui agit par esprit d'imitation, fait sans réflexion ce qu'elle voit faire à d'autres. Mouton enragé , personne paisible qui devient subitement violente. Mouton à cinq pattes , personne, chose qui présente des caractères exceptionnels, invraisemblables. Revenons à nos s (par référence à une réplique de La Farce de Maître Pathelin ), se dit pour revenir au sujet dont on s'est écarté. Compter les s (fam.), chercher le sommeil en comptant des s imaginaires. Spécialt. Fam. En prison, détenu qui est placé auprès d'un autre pour gagner sa confiance et obtenir des aveux.

II. Par anal.
1. Petite déferlante, dont la crête est blanche d'écume et qui se forme quand le vent dépasse une force définie.
2. Petit nuage blanc et léger.
3. Flocon de poussière sur le sol, sous les meubles.
4. Nom donné à divers appareils servant à frapper, à percuter. Désigne notamment une lourde masse métallique, ou une grosse pièce de bois armée de métal, qui sert à frapper les pieux ou les pilotis pour les enfoncer en terre (on dit aussi Hie ).
5. Grosse pièce de bois dans laquelle on engage les anses d'une cloche pour la tenir suspendue.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Mammifère de la famille des Ovidés, à poil laineux et frisé. "Mouton berrichon. Mouton mérinos. Élever des s." "Tondre des s. Peau de ." Il se dit, dans un sens général, des Béliers, des brebis et des agneaux, quand ils sont en troupe. "Un troupeau de s. Garder les s."
Fig. et fam., "C'est un , il est doux comme un ," Il est d'un caractère plein de douceur. "Un enragé" se dit d'un Homme paisible qui sort soudain de son caractère.
"Agir comme des s" se dit des Personnes qui font ce qu'elles voient faire au premier venu, de même que les s passent tous où ils voient qu'un autre a passé.
"Les s de Panurge, sauter comme les s de Panurge," se dit des Gens qui font une chose parce qu'ils l'ont vu faire à d'autres, par allusion au tour que Panurge joue au marchand de s Dindenaut, dans le "Pantagruel" de Rabelais.
Fig. et fam., "Revenez à vos s," Reprenez le discours que vous avez quitté ou qui a été interrompu, revenez à votre sujet; par allusion à la farce de "Maître Pathelin."
MOUTON se dit spécialement du Bélier châtré qu'on engraisse pour la boucherie. "Mouton de pré-salé. Gigot, épaule, côtelettes, pieds de ."
Il désigne encore la Viande de . "Le est une viande noire. Du bien tendre."
MOUTON se dit aussi de la Peau de préparée. "La reliure de ce livre est en ." On dit aussi BASANE.
Il se dit figurément et familièrement d'un Homme aposté pour gagner la confiance d'un prisonnier, découvrir son secret et le révéler. "On mit près de lui un pour le faire parler."
Il se dit en outre d'une Masse de fer, ou d'une grosse pièce de bois armée de fer, qu'on élève et qu'on laisse retomber sur des pieux pour les enfoncer en terre.
Il se dit aussi de la Grosse pièce de bois dans laquelle sont engagées les anses d'une cloche, pour la tenir suspendue.
MOUTONS, au pluriel, se dit, par analogie, des Vagues blanchissantes qui s'élèvent sur la mer et sur les grandes rivières, lorsqu'elles commencent à être agitées.
Il se dit aussi familièrement des Flocons de poussière qui s'assemblent sous les meubles.
En termes de Jeu, "Saut de " ou "Saute- ." Voyez SAUTE-MOUTON.



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Bélier châtré que l'on engraisse.
LA FONT.: « Il tourne à l'entour du troupeau, Marque entre cent s le plus gras, le plus beau »
LA FONT.: « Eh bien ! manger s, canaille, sotte espèce, Est-ce un péché ? »
HAMILT.: « Le ciel y avait répandu [sur le visage d'une fille d'honneur] certain air d'incertitude qui lui donnait la physionomie d'un qui rêve »
BUFF.: « Dans les terrains secs, dans les lieux élevés, où le serpolet et les autres herbes odoriférantes abondent, la chair du est de bien meilleure qualité que dans les plaines basses et dans les vallées humides »
A. CHÉN.: « Quand au bêlant la sombre boucherie Ouvre ses cavernes de mort, Pauvres chiens et s, toute la bergerie Ne s'informe plus de son sort ; Les enfants qui suivaient ses ébats dans la plaine.... Sans plus penser à lui le mangent s'il est tendre »
GENLIS: « On évalue à peu près à huit livres l'herbe qu'un peut manger »
D'AUBENTON: « On sait que les s nourris de luzerne ont la graisse de couleur jaunâtre et d'un goût désagréable, et que ceux qui mangent du trèfle ont aussi la graisse jaunâtre, mais de bon goût »
A. DE MUSSET: « Partout où j'ai, comme un , Qui laisse sa laine au buisson, Senti se dénuer mon âme »
    Populairement. Mouton de Berry, homme qui a quelque marque sur le nez.
    Fig. Il cherche cinq pieds à un , se dit d'un homme qui veut tirer d'une chose plus qu'elle ne peut fournir.
    Se laisser égorger comme des s, n'opposer aucune résistance contre les gens qui tuent.
BOSSUET: « On se disait les uns aux autres [entre protestants durant les premières persécutions] que se laisser égorger comme des s sans se défendre, ce n'était pas le métier de gens de coeur »

 2   La viande de . Le est une viande noire.
FLEURY: « Les Egyptiens de Thèbes ne mangeaient point de , parce qu'ils adoraient Ammon sous la figure d'un bélier »
    Sentir l'épaule de , se dit de ceux dont les aisselles sentent mauvais ; locution tirée de ce que les épaules de , et, en général, la viande de a une odeur de bouc, quand les béliers ont été châtrés trop tard.
    Il ne jette pas les épaules de toutes rôties par les fenêtres, se dit d'un avare.

 3   En un sens plus général, béliers, brebis, et agneaux, réunis en troupeau. Troupeau de s.
DESHOULIÈRES: « Hélas ! petits s que vous êtes heureux ! Vous paissez dans nos champs, sans souci, sans alarmes »
VOLT.: « Qu'est-ce donc que ce drôle de fou qui traite le public comme Ajax traitait ses s, et qui tombe sur lui en furieux ? »
VOLT.: « Les s vivent en société fort douce, leur caractère passe pour très débonnaire.... la république des s est l'image fidèle de l'âge d'or »
BÉRANG.: « Robert, enfant de mon village, Retourne garder tes s »
    Fig. Revenons à nos s, revenons à notre sujet ; locution tirée de la farce de Patelin, où M. Guillaume embrouille sans cesse son drap et ses s.
RÉGNIER: « Or, laissant tout ceci, [je] retourne à mes s »
BRUEYS: « Laissez-là ce drap et cet homme, et revenez à vos s »
GENLIS: « Il ne s'agit pas, monsieur, des idylles et des s de Mme Deshoulières ; revenons aux nôtres, s'il vous plaît »
    Sauter comme les s de Panurge, se dit des gens qui font une chose par esprit d'imitation ; locution tirée de Rabelais, représentant Panurge, qui, pour se venger de Dindenault, lui achète un et le fait sauter par-dessus bord dans la mer : tous les autres s sautent après lui et le marchand de s se trouve ruiné.
    Fig. En vrais s, comme des s, en imitant niaisement ce que font les autres.
LA FONT.: « Quelques imitateurs, sot bétail, je l'avoue, Suivent en vrais s le pasteur de Mantoue »
SAINT-SIMON: « On fut sans ordre et comme des s, chez les princes et princesses du sang »

 4   Terme de zoologie. Genre de mammifères ruminants à cornes creuses.

 5   Peau de préparée. Reliure en .

 6   Fig. Personne douce, traitable.
SCARR.: « Les commissaires d'aujourd'hui Sont des s auprès de lui [Rhadamante] »
LA FONT.: « Par lui [l'amour] les loups deviennent des s »
MOL.: « Angélique : Il est fâcheux d'être contrainte d'oublier de telles injures ; mais, quelque violence que je me fasse, c'est à moi de vous obéir. - Claudine : Pauvre ! »
DESTOUCHES: « J'ai trouvé le moyen d'apprivoiser le diable ; j'en ai fait un »
VOLT.: « Je veux croire que ton docteur est un homme de bien ; mais l'Éternel nous permet de nous défier de ces étrangers ; s'ils sont s à Bénarès, on dit qu'ils sont tigres dans les contrées où les Européens se sont établis »

 7   Fig. Homme aposté par la police près d'un prisonnier, pour gagner sa confiance et découvrir son secret. On mit près de lui un pour le faire parler.
CH. DE BERNARD: « Cet éloquent tribun n'était autre chose qu'un mouchard, ce qu'on nomme en langage d'argot un , chargé de faire jaser les détenus »

 8   Masse de fer, ou gros billot de bois armé de fer, qui se lève à bras ou à machine, et qui, retombant, sert à enfoncer des pilotis, des pieux ; ainsi dit parce que le donne des coups avec sa tête ; c'est l'analogue du bélier.
    Terme d'architecture hydraulique. Eau qui tombe rapidement par une rigole et qui, trouvant tout à coup un obstacle, se relève en bouillonnant.

 9   Pièce de bois dans laquelle on fait entrer les anses d'une cloche, pour la suspendre.
    Moutons d'un carrosse, se disait, avant l'usage des ressorts, des pièces de bois, posées d'aplomb sur l'essieu, auxquelles on suspendait la caisse de la voiture.
     Déclar. 22 oct. 1715, tarif: Bois de charronnage.... pour une voie composée de 75 s de trois pieds et demi de long entrant par eau, est dû 10tt 12s 1d
    Pièce qui descend avec la vis de la presse à papier.
    Terme de marine. Arbre en fer qui supporte la cloche du bord.
    Ancien terme de marine. Nom d'un cordage servant à manier l'antenne.

 10   S. m. plur. Vagues écumantes, ainsi dites à cause de la blancheur de l'écume, comparée à une toison blanche.

 11   Terme de pêche. Petit tas de morues qui ont reçu 4 ou 5 soleils.

 12   Mouton du Pérou, nom donné autrefois au lama.
    Mouton du Cap, ou, simplement, , nom vulgaire donné aux albatros parce que, aux environs du Cap de Bonne-Espérance, à la surface de la mer, leur plumage blanc les fait ressembler à la frisure de la laine (diomedea exulans, Linné, palmipèdes).
    Mouton marin, espèce de poisson.

 13   Terme d'architecture. Queue de , ornement en forme de grosse guirlande autour des médaillons.

 14   Nom donné par les ouvriers à des congestions locales qui se forment quand des hommes font, sans y être habitués, pendant longtemps de grands efforts musculaires, et qui dessinent les muscles les plus fatigués ; par exemple, quand un apprenti forgeron cogne toute une journée sur son enclume, le survient à l'épaule ; quand un apprenti terrassier se courbe et se redresse successivement toute une journée, le survient au dos.

 15   Nom d'une ancienne monnaie d'or de France, qui portait d'un côté l'image de saint Jean-Baptiste, et de l'autre celle d'un agneau, avec Ecce Agnus Dei pour légende ; dans le courant du XVe siècle, elle valait 7 fr. 95.

 16   Pain de , très petit pain dont la surface était couverte de grains de blé, et que l'on donnait aux enfants comme une friandise.

 17   Adj. Mouton, ne, qui appartient aux s. Caractère .
GENLIS: « Elle a l'air doux, je crois qu'elle n'a pas de malice, elle a une figure ne »
    La gent ne, les s.
    S. f. Moutonne, se dit comme terme familier de caresse à une jeune femme.
DANCOURT: « Me voilà de retour, ne ; et tu seras mariée dès ce soir, comme tu le souhaites »
    S. f. Moutonne, coiffure de femmes qui a été longtemps en usage, et qui consistait dans une tresse de cheveux frisés et fort touffus, qu'elles se mettaient sur le front.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Liber psalm. p. 175: Li mont s'esledecerent [se réjouirent] sicume multun [arietes], et li tertre sicume li aignel des oeilles [ouailles, brebis]
     Rois, p. 50: Le multon qu'il volt tuer
     ib. 141: As set pas que cil firent qui l'arche porterent, l'um sacrifiout un buef e un multum en l'onurance nostre Seigneur
    XIIIème siècle
MARC POL: « Il ont les greigneurs [les plus grands] s du monde »
     Chr. de Rains, p. 110: Je voel mangier char de
    XIVème siècle
H. DE MONDEVILLE: « Que la lune ne soit pas en signe rungant [ruminant], si cum [aries], torel, capricorne »
     Lett. de JEAN, dans Hist. litt. de Fr. t. XXIV, p. 175: Et sachiez qu'il a empruntez pour nous [Jean, roi de France, prisonnier] à Londres la somme de mil et XLIIII s
    XVème siècle
E. DESCH.: « L'en cognoist bien le monton à la laine »
FROISS.: « Il avoit, en eux prenant, une belle journée et une belle aventure de bons prisonniers, pour avoir cent mille s [monnaie] »
FROISS.: « De tels engins de canons, de bombardes, de truies e de s se mettoient en peine ceux de Gand de adommager ceux de Oudenarde »
     Patelin: Sus, revenons à ces s ? Qu'en fut-il ?
COQUILLART: « Or revenons à nos s : Ma personne fust descendue ; Et, pour faire les comptes rons, Je veys ma dame emmy la rue »
    XVIème siècle
     Nouv. coust. génér. t. I, p. 547: À peine de l'amende de trois livres parisis pour chacune beste, dix s n'estant pris que pour une vache
LEROUX DE LINCY: « Chair de , manger de glouton »
RAB.: « Vous avez nom Robin Mouton ; voyez ce -là, il a nom Robin comme vous »

ÉTYMOLOGIE
    Bourg. môton ; provenç. molto, multo, moto ; cat. moltó ; ital. moltone et montone ; bas-lat. multonem, moltonem, mutilonem. La forme primitive a une l : molt.... On a dans le celtique : gaël. mult ; kimry, mollt ; irl. molt ; bas-breton, maoud, bélier ; Cornouailles (texte du IXe siècle), molt. On objecte à cette étymologie que molt paraît isolé dans les langues celtiques, et n'a rien qui l'explique. Diez cherche une étymologie latine : le dialecte des Grisons a mult, châtré, qu'on tire, par inversion des lettres, du latin mutilus, mutilé ; il rapproche le provençal moderne cabro mouto, chèvre à laquelle on a enlevé les cornes (toutefois, pour ce mot, voy. MUTÉ). À cela on objecte que multon s'est dit constamment pour bélier, avant l'introduction de bélier, laquelle est assez récente ; ce qui va mal avec le sens de mutilé. De plus toutes les langues celtiques ont le même mot pour bélier ; c'est un indice pour croire que le mot y est indigène. Ainsi l'étymologie incline vers le celtique.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE MOUTON.

 17   Ajoutez :
    Fig. Qui est doux, docile comme le .
     Lett. du P. Duchêne, 68e lettre, page 2: Et la foule tumultueuse en un instant deviendrait ne

 18  
DELBOULLE: « En Normandie, poire de , poire précoce bonne à manger »

PROVERBE Lorsqu'un quitte le troupeau, le loup le mange.

HISTORIQUE
    XIIIème siècle Ajoutez :
     Fierabras, V. 5335: Les perrieres [ils] reprendent, s'ont les berfrois levez, Sour pons et sor roieles [petites roues] les grans s ferrez

ÉTYMOLOGIE
    Ajoutez : L'objection contre mutilus, à cause que l'ancienne langue donne à le sens de bélier, s'évanouirait, si, avec M. Roulin, on pensait que le est dit ainsi, non parce qu'on le châtre, mais parce qu'on le tond, motilar signifiant en espagnol tondre, et mutilare ayant eu ce sens en latin : mutilum caput Sileni, NEMES. Ecl. III, 33.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Bélier châtré que l'on engraisse. "Gros . Mouton gras. Mouton de Berry, de Beauvais. Ce boucher tue tant de s par an. Langue, pieds,gigot" ou "éclanche, épaule, collet, côtelettes, quartier, graisse, suif de . Peau de . Tondre des s."
Il signifie particulièrement, La viande de . "Du bien tendre. Du qui sent le serpolet. Le est une viande noire."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit quelquefois, dans un sens plus général, Des béliers, des brebis et des agneaux, quand ils sont en troupes. "Un troupeau de s. Garder les s."
Fig. et fam., "C'est un , il est doux comme un ," Il est d'une humeur fort douce, fort traitable.
Prov. et pop., "Il ressemble aux s de Berry, il est marqué sur le nez," se dit D'un homme qui a quelque marque sur le visage.
Prov., "Le peuple fait comme les s," Il fait ce qu'il voit faire au premier venu, de même que les s passent tous où ils voient qu'un autre a passé.
Prov. et fig., "Revenons à nos s," Reprenons le discours que nous avons quitté, ou qui a été interrompu; Revenons à notre sujet.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi de La peau de préparée. "La reliure de ce livre n'est que de ."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit, figurément et familièrement, dans les prisons, d'Un homme aposté pour gagner la confiance d'un prisonnier, découvrir son secret et le révéler. "On mit près de lui un pour le faire jaser."



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit en outre d'Une masse de fer, ou d'une grosse pièce de bois armée de fer, qu'on élève, et qu'on laisse retomber sur des pieux pour les enfoncer en terre. "On a enfoncé ces pieux jusqu'à refus de ."



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi de La grosse pièce de bois dans laquelle sont engagées les anses d'une cloche, pour la tenir suspendue.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

MOUTONER, v. act. MOUTONIER, IèRE, adj. [3e "é" fermé au 2d, et 3e, "è" moyen et long au dernier":" "né", "nié", "niè-re".] "Mouton", belier châtré, qu'on engraisse. 'Tête, langue, pieds, gigot de "mouton". = Quand on dit "troupeau de s", on y comprend les beliers et les agneaux. 'Garder "les s". = "Moutonier", qui est du caractère des s. 'Le peuple est "moutonier", il fait comme les s, qui pâssent tous où ils voient qu'un autre a pâssé. 'Toute cette "race ière" marche pêle-mêle sans savoir où on la mène. = "Moutoner", rendre frisé et annelé comme la laine d'un . On ne le dit guère qu'au participe. 'Cheveux "moutonés"; tête, péruque, coifure "moutonée".
   On dit, "figurément", (st. famil.) d'un homme fort doux; C'est "un ", "doux comme un ". 'C'est la plus douce petite "moutone" de son sexe. "Retif"; et proverbialement, "revenons à nos s", reprenons le discours qui a été interrompu. Cette expression proverbiale doit son origine à la Farce de l'"Avocat Patelin".




Emplacement dans le dictionnaire :

moustachu
moustique
mout
moût
moutard
moutarde
moutelle
moûtier
moutier

moutonner
moutonneux
moutonnier
moutûre
mouture
mouvage
mouvance
mouvant
mouve-chaux
mouvement
mouvementé




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...il y avait les pétrels gris-perle, le bec et les pattes légèrement teintés de bleu et de rose ; -et les malochs tout noirs ; - et les gros albatros lourds, d'une teinte sale, avec leur air bête de mouton, avec leurs ailes rigides et immenses, fendant l'air, piaulant après nous. Même on en voyait un que les matelots se montraient : un amiral , oiseau d'une espèce rare et énorme, ayant sur ses longues...


Citation n°2 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...train, de droite et de gauche, dans les ornières, menée par un cocher ivre. à Plougastel, nous avions trouvé le bruit d'une fête de village, des chevaux de bois, une naine, une géante, la famille Mouton qui se désosse, et des jeux et des cabarets. Et puis, sur une place isolée, entourée de chaumières grises, les binious bretons sonnaient un air rapide et monotone du temps passé, des gens en vieux...


Citation n°3 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...regarde déjà comme quelqu'un d'ami à qui on fait part de ses réflexions. Petite voix douce que je n'ai pas encore beaucoup entendue. Comme il a l'accent de Bretagne ! -parrain, tu m'as apporté mon mouton ? Heureusement je m'étais rappelé cette promesse de l'an dernier ; il était dans ma malle, ce mouton à roulettes, pour mon petit Pierre. Et j'apportais aussi des flambeaux, ayant des figures de...


Citation n°4 de Pierre LOTI (Mon frère Yves)

...pas encore beaucoup entendue. Comme il a l'accent de Bretagne ! -parrain, tu m'as apporté mon mouton ? Heureusement je m'étais rappelé cette promesse de l'an dernier ; il était dans ma malle, ce mouton à roulettes, pour mon petit Pierre. Et j'apportais aussi des flambeaux, ayant des figures de perruches de France , que j'avais promis à mon autre grand enfant, -Uves. Voici la maison, gaie et...


Citation n°5 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...barbe, jet-d'eau, valet, chevron, poutre, dos-d'âne, poitrail, corbeau, oeil-de-boeuf, gueule-de-loup, tête-de-mort, queue-de-carpe, et tous noms d'engins destinés à soulever des fardeaux : bélier, mouton, moufle, grue, chèvre, vérin. le nom de jet-d'eau donné à une sorte de rabot est fort joli par l'image évoquée des copeaux qui surgissent au-dessus du contre-fer ; il semble nouveau dans cette...


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